
Et merde. J'suis si seule que ça? C'est trop con je sais. Mais en ce moment tout est source de larmes. Alors que vous viviez votre jeunesse à fond, un oreiller s'imbibait d'eau salée. Au moins, ça a le mérite d'être clair. Ça forge, comme on dit. Je sais que c'est mon défaut, mais je crois trop en l'espèce humaine. C'est bien au fond, car il fallait bien que toutes ces illusions s'effondrent un jour ou l'autre. Je rage, j'ai envie de tout faire péter. Mais j'peux pas. FAUT PAS. C'est pas normal. Tu ne dois pas.
Faut pleurer à un enterrement, mais faut pas pleurer sans raison. Moi faut croire que j'ai choisi de pleurer tout le temps. Je ne pense pas publier cette écriture kilométrique, qui pourrait faire polémique. Quoique. Qui lira ça? Qui comprendra? T'es seule Clara, n'oublie pas. J'pensais pas que c'était si facile de faire du mal aux gens. Il suffit d'un mot au final. Waw. J'aurai pas pensé.
Hier soir, avant de sécher mes larmes, j'ai séché celles d'une autre. Qui a mal, elle-aussi. On se ressemble plus que ce que je n'aurai cru. Comme je comprends maintenant. Tout ce qui nous entoure est si vulnérable. En trois jours, une vie peut disjoncter, comme ça. Au fond il n'y a plus que toi. Moi. Être pensant. P'tet même que tout ce qui m'entoure n'est que fruit de mon imagination. Ah mais non, un philosophe -j'sais plus qui- a démontré le contraire. Soit.
J'écris plus, je dors plus, je fais des listes. Ta vie ne peut pas être parfaite, putain!, me crie sans cesse la voix. Mais j'arrive pas à me raisonner. C'est comme ça. Quand ça va pas, j'fais une liste, et d'un coup tout s'apaise. Comme si j'effleurai la perfection du bout des doigts. Mon texte, si c'en est un, part dans tous les sens. Faut croire qu'il reflète bien ce qui se passe dans mon bide en ce moment. C'est le bordel.
J'veux retrouver le sourire de ma grand-mère. Rendez-le moi. Maintenant.
Comment voulez-vous que je continue ? Que j'avance ? J'peux même pas reculer tellement je suis figée sur place.
Et merde.