jeudi 24 mars 2011

Lettre aux fourmis.

T'étais partie. Putain, pour une fois dans ma vie, je vivais, pour de vrai. Des hauts et des bas, comme tout adolescent. Mais je pouvais enfin rire sans que mon ventre ne pleure.
Je ne te laisserai pas. Bouffer mon corps comme ça, pour rien. Tu veux des médocs ? En voilà. Un paquet même, tellement que j'arrive à peine à les avaler.
J'ai une vie à dévorer, tu m'entends ? Va jouer ailleurs, chez moi ça marche plus. J'suis forte maintenant, plus que tu ne le crois. T'es rien, rien qu'une boule invisible, insignifiante. Y'a tellement pire. Tu sais quoi ? J'suis morte de rire. Essaie de m'approcher, qu'on s'marre un peu. Je ne suis plus cet être tremblant et vulnérable. Je suis enfin quelqu'un. Et quelqu'un a besoin de moi.
Tu ne m'auras plus.
Définition du mot :
crise

Nom féminin singulier
(médecine) aggravation soudaine d'une affection pathologique
changement rapide d'état, en particulier nerveux
accès d'enthousiasme
période difficile traversée par un individu, par un groupe ou par une société dans sonensemble
période de bouleversement économique l'offre et la demande de marchandises, detravailleurs, ne s'équilibrent plus

jeudi 10 mars 2011

Emile et Louise

Ecrire, écrire, écrire. M'attacher à mes propres personnages. Pleurer, rire avec eux. Les voir naître entre mes doigts. Beaucoup glissent, mais quelques-uns restent. Ceux-là ont quelque chose à exploiter. Leur faire vivre des aventures, mes plus grands rêves comme mes pires cauchemars. Leur faire dire ce que je n'ai jamais su prononcer. Ils sont beaux, vaillant, mes personnages. Ils ont du cran et de l'ambition. Pour moi. Ils me font tenir. Parce qu'au fond c'est un peu de moi, qu'il y a dans chacun d'eux.
Y'en a eu des trop fragiles. Des vulnérables, certes intéressants, touchants, mais faits de verre. Impossible alors de les mener bien loin. Ils se blessent, et saignent en permanence. Le lecteur se lasse, la sensibilité a ses limites. Un jour, il y aura le bon. Celui qui ira loin, qui m'arrachera la plume des mains pour écrire son histoire, d'une traite. Il me dépassera et me poussera dans mes plus profonds retranchements. Il m'écrira, un peu, sûrement. Mais pas que. Il n'aura pas peur de la fiction, et encore moins de la vraie vie.
Je l'attends.