samedi 30 janvier 2010

TRISTE "NON"


J'étais prête à tout pour y aller. Ma chambre aurait pu être incroyablement rangée, mes notes auraient pu frôler l'excellence. Vos désirs auraient été des ordres, j'acceptais jusqu'à devenir une bête de foire. J'aurai tout fait, oui, tout.

Et bien sûr j'aurai tout payé, je me serai tuée à la tâche pour récolter les précieux euros.

Mais le pouvoir parental peut tout détruire, il suffit d'un mot. Pas besoin d'explication, tout est dit.


Vous me forcez donc à passer au plan B.

samedi 23 janvier 2010

La marche de Paul

Il ne sait plus trop pourquoi il marche, mais sait que s'il s'arrête, ça n'ira pas. Alors il marche. Jours et nuits. Les yeux fermés parfois, parce que ça lui fait du bien. Et Paul aime ce qui fait du bien. Sous ses lourdes paupières se glissent chaque fois de vieilles images floues. Celles de l'autre temps, le visage de sa mère, la peau de sa soeur. Paul les savoure jusqu'à en perdre l'équilibre. Marcher les yeux fermés, dans une rue bondée peut s'avérer dangereux. Mais le danger, Paul aime ça. Et puis le monde aussi. Parce que le vide il a connu. Et Paul n'aime que ce qui fait du bien.

vendredi 22 janvier 2010

thérapécriture

J'aime mon taxi jaune miniature. Et ma prof d'anglais aussi. Le goût fraises tagada me fait chavirer tout autant que leur couleur. J'adule ma chambre en désordre, mes affiches collectionnées et mes timbres abandonnés. Les ciels rosés me font perdre la tête. J'aime terriblement les yeux de ma mère quand elle n'est pas tant que ça en colère. Et puis ceux de mon père quand il a une surprise pour moi. J'adore le chauffage de ma salle de bain, et celui de la chambre d'Océane. Mon coeur bat bien fort quand je marque un point en volley, au lycée. Je me retiens d'exploser quand Céline me propose un nouveau projet de musique. J'aime, j'aime, j'aime le regard de ceux qui aiment. Les classifications particulières me plaisent, comme le rangement de livres par couleur, ou de photos par nombre de personnes. Les gens farfelus, heureux ou fous m'impressionnent. Le bruit de mes Doc's dans la neige me donne un frisson de plaisir. L'accent anglais me fait sourire. Et ses mains...
Je crois que l'amour n'est pas si compliqué, au final.

dimanche 17 janvier 2010

CHANGER D'AIR

Je cherche un petit boulot. Mon CV est prêt, j'attends le 20 mars. Il me faut de l'argent pour partir, voyez-vous ? Même si le car n'est pas très cher, il me faut de quoi vivre là-bas. Je me ferai l'économie d'un billet de retour. Et puis le job que je trouverai m'occupera, m'empêchera de déprimer dans cette maison vide. Que du bon dans le travail, au final.
Avant de partir, je dois régler quelques histoires matérielles. Il me faut un polaroïd et un lecteur chargé des plus belles musiques du monde. Je ne choisirai pas de filière l'année prochaine, mais un pays. J'étouffe dans ce monde et mon seul traitement serait l'apprentissage d'une nouvelle langue dans un nouvel endroit.
Même si ce ne sont que des illusions, sachez que je le ferai. Un jour, encore plus fou qu'aujourd'hui, je quitterai tout. Bye Bye les matins pluvieux, les matins qui me bouffent la gorge. Adieu à mon seul amour, à ma pire souffrance.
Les cars démarrent chaque jour.

mardi 12 janvier 2010

Parlez-moi de lui. Je vous en supplie. Il n'est pas mort, il a seulement disparu. Mais il est là, quelque part, c'est sûr. L'oublier le tuera. Oui, parlons de lui maintenant.
J'ai fini de compter, alors sors de ta cachette. C'est bon, tu as gagné.
Ce n'était qu'un stupide jeu. On va recommencer à zéro. Ou à deux, comme ça on se sera déjà rencontrés. Un jour il sera trop tard. Quand moi aussi j'aurai disparu. Un jour où le "nous" sera tué.

RIEN DE GRAVE

Tu t'attendais à quoi ? je lui ai dit.
Tu crois que ça va être facile de me quitter ?
Tu crois que je vais te laisser faire comme ça ? J'ai lancé le cadre par terre, le verre s'est brisé mais comme ce n'était pas assez j'ai bondi du lit et j'ai déchiré la photo [...].
Il a eu l'air triste, plus de la photo déchirée que du fait de me quitter. [...]

Tu es mon magnésium.

Me diras-tu, un jour, qui tu es ? Juste pour savoir... Parce que tu as du culot, je trouve, de t'emparer de moi comme ça. Tu me manques. Tu manques à mon esprit. T'oublier m'a fait tant de mal que je ne retenterai plus. Oui, pour la première fois, j'y étais parvenue. Et ce n'est que maintenant que je comprends ce vide qui me détruisait jour après jour. Je refuse de t'oublier. TU.ES.TOUT. Ce n'est que pour toi que je vis. Tu le comprendras un jour. Quand quelqu'un nous est vital, s'en séparer devient extrêmement dangereux. Un jour, quelqu'un me prendra les mains plus délicatement que toi. Et ce jour là, enfin, je m'autoriserai à t'effacer de mes souvenirs. Mais pour l'instant, ton regard est ma seule source d'énergie. Laisse-moi vivre, je t'en supplie.
Oui, aimer c'est quelque chose, je sais. Mais quand on me dit que ce mot est unique et dangereux, qu'il ne s'emploie que très rarement, pour des situations incroyables, j'ai une envie de chialer. Putain, mais alors mettez un mot sur ce que je ressens pour ce gars que je ne connais pas ? Non, c'est sûr, je n'ai pas le droit de l'aimer.... Mais expliquez moi, qu'est-ce que c'est alors, que ce coeur qui bat, que ces larmes dans les yeux -mais aussi ces étoiles-. D'où vient l'inspiration de chaque mot que j'écris ? Pourquoi à chaque pas que je fais, je l'imagine à ma droite, sa main frôlant la mienne. Et ces absences, à votre avis ? Et mes envies de prendre le bus le plus tôt, le bus des collégiens... Je crois même que ma passion pour la musique lui est liée.
Mais je ne l'aime pas, c'est évident...

vendredi 8 janvier 2010

"Elle était là, immobile sur son lit, la petite phrase bien connue, trop connue : Je t'aime.
Trois mots maigres et pâles, si pâles. Les sept lettres ressortaient à peine sur la blancheur des draps. Il me sembla qu'elle nous souriait, la petite phrase. Il me sembla qu'elle nous parlait."
Ah ! oublier. Quel enfantillage ! Je vous sens jusque dans mes os. Votre silence me crie dans les oreilles. Vous pouvez vous clouer la bouche, vous pouvez vous couper la langue, est-ce que vous vous empêcherez d'exister ? Arrêterez-vous votre pensée ? Je l'entends, elle fait tic tac, comme un réveil, et je sais que vous entendez la mienne.

Comment Sartre a-t-il su que.. ?

dimanche 3 janvier 2010

Ecriture kilométrique



Cette une vraie thérapie, que de raconter sa vie. Mais ça n'aide pas toujours à se changer les idées. C'est décidé, j'ordonne à mon esprit d'inventer, de quitter ce quotidien platonique pour des rêves un peu plus fous. J'espère y arriver, et vous promettre des futurs articles complètement fictifs !


Monsieur Charles habite au bout de ma rue. Juste à côté du square où j'ai usé mes pantalons, il y a quelques années. Personne ne sait s'il s'appelle Charles, où si ce n'est que son nom de famille, mais personne ne veut savoir. Monsieur Charles reste Monsieur Charles.
Jusqu'à la semaine dernière, pas une seule fois je n'avais entendu parler d'une femme, d'enfants. On le qualifiait tendrement de vieux solitaire ; il ne paraissait pas en souffrir.
Je n'hiberne pas, j'essaie de vivre. Et tous ces moments précieux passés avec vous me fatiguent, si vous saviez. Alors après un chouette après-midi, il me faut quelques jours pour récupérer. Quelques jours sans manger parce que le bonheur m'a bouché l'estomac, quelques jours sans sourire, vraiment, je veux dire. Si vous me voyiez... J'en ai honte.
Et ce soir, veille de la rentrée, j'ai peur. Peur de devoir aller au lycée chaque jour, sans hibernations. Peur de me rendre compte chaque matin qu'il n'est pas là. Et d'hésiter une fraction de seconde à courir dans l'établissement d'en face, lui dire qu'il est ma vie. Peur de m'avouer que la dernière fois que mes yeux ont pétillé, c'est quand j'ai vu qu'il ne sortait plus avec cette fille. Mais j'ai toujours cette raison, qui me cloue aux chaises jaunes du foyer jaune. Je hais le jaune.
Vous n'imaginez même pas combien de fois j'ai rêvé que je redoublais. Je dois être malade. Très malade même. Mon adolescence se résume à son visage.
Je n'oublie pas.
Je ne me suis jamais imaginée à sa place, jusqu'à hier. Être l'être désiré. On essaie de chasser de son esprit la souffrance de l'autre.
Pardonne-moi, je t'en supplie.