Parce que si j'ai préféré le blog au journal intime ce n'est pas pour rien.
J'avais besoin d'écrire ici.
Mais ce n'est pas très vivant n'est-ce pas ?
Alors j'ai pensé, à arrêter de me plaindre, suffoquer comme ça en public. C'est humiliant, à force.
J'ai songé à publier mes fictions, où Emile et Louise grandissent jour après jour. Mais encore une fois, la confiance m'a manqué, j'ai pas pu.
J'pourrais bien parler de ce que j'aime dans la vie, de tout ce qui fait battre mon coeur. De ces films qui me font pleurer rien qu'à la pensée leur titre, de ces personnes si uniques qui sont à l'origine de tous vos moments de bonheur. J'ai pensé partager cette musique qui me fait tenir debout, ces photos qui me rendent dingue, ces parfums qui me font rêver.
Et après ? Ça n'aurait rien changé. Ce blog est inutile, inintéressant, éteint. Sans raison de vivre.
Mais avant de le fermer j'aimerai dire.
Ce qui fait trembler mes mains, ce qui déclenche les fourmis, ce qui provoque les hibernations.
Je ne suis pas en sucre, moins que ce que vous imaginez. J'préfère qu'on m'dise. Ce qu'on pense de moi. Que j'suis une trouillarde et qu'c'est pour ça que je ne connais rien à la vie. Quoique vous n'en savez rien. Y'a pas que l'amour dans la vie. Alors rectifions, je ne connais rien à l'amour non. La faute à qui ? A ces dix-sept dernières années, où elle était seule maître de moi. Elle tient les ficelles, vous comprenez, je suis enchaînée. Elle est à l'origine de tous mes échecs, si bien masqués. Pour avoir confiance, comme vous dites, faut avoir un minimum d'estime de soi. Elle n'en voulait pas. Je ne la méritais pas, j'avais tellement de choses à améliorer. Bah ouais, regarde comme tout est mal fichu ; regarde-toi dans une glace. Y'a du boulot ma vieille, qu'elle me répétait sans arrêt. Cette liste que j'ai faite un jour, n'a jamais revu la lumière, pour une simple et bonne raison : aucun des objectifs fixés ne fut comblé depuis le soir de mes quatorze ans. Ce soir où j'ai pris conscience de tout ce qui me manquait pour être celle que je voulais. Pas une seule petite case cochée. Vous rendez-vous compte ?
Non, non, la perfection n'existe pas. Seulement, elle contrôle ma vie depuis ma naissance. Ce n'est pas scolaire. Pas que. Je voulais de cette vie parfaite, sans larme, sans deuil, sans défaut, sans départ, sans maladie, sans déchirement, sans dispute, sans faux-pas, sans regret. Même ma psy se met à aller mal. J'ai tout foiré. J'ai dix-spet ans et j'ai tout foiré. Vous ne vous en rendez pas compte, mais chacune de vos paroles réveillent en moi un échec. Ne dites pas que c'est le mal du riche, de celui qui va bien. Je ne le sais que trop bien. Mon tricycle rose a été repeint. En blanc.
La solitude n'aide pas. Je rumine, comme on dit.