Ecrire, écrire, écrire. M'attacher à mes propres personnages. Pleurer, rire avec eux. Les voir naître entre mes doigts. Beaucoup glissent, mais quelques-uns restent. Ceux-là ont quelque chose à exploiter. Leur faire vivre des aventures, mes plus grands rêves comme mes pires cauchemars. Leur faire dire ce que je n'ai jamais su prononcer. Ils sont beaux, vaillant, mes personnages. Ils ont du cran et de l'ambition. Pour moi. Ils me font tenir. Parce qu'au fond c'est un peu de moi, qu'il y a dans chacun d'eux.
Y'en a eu des trop fragiles. Des vulnérables, certes intéressants, touchants, mais faits de verre. Impossible alors de les mener bien loin. Ils se blessent, et saignent en permanence. Le lecteur se lasse, la sensibilité a ses limites. Un jour, il y aura le bon. Celui qui ira loin, qui m'arrachera la plume des mains pour écrire son histoire, d'une traite. Il me dépassera et me poussera dans mes plus profonds retranchements. Il m'écrira, un peu, sûrement. Mais pas que. Il n'aura pas peur de la fiction, et encore moins de la vraie vie.
Je l'attends.
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