dimanche 3 janvier 2010

Je n'hiberne pas, j'essaie de vivre. Et tous ces moments précieux passés avec vous me fatiguent, si vous saviez. Alors après un chouette après-midi, il me faut quelques jours pour récupérer. Quelques jours sans manger parce que le bonheur m'a bouché l'estomac, quelques jours sans sourire, vraiment, je veux dire. Si vous me voyiez... J'en ai honte.
Et ce soir, veille de la rentrée, j'ai peur. Peur de devoir aller au lycée chaque jour, sans hibernations. Peur de me rendre compte chaque matin qu'il n'est pas là. Et d'hésiter une fraction de seconde à courir dans l'établissement d'en face, lui dire qu'il est ma vie. Peur de m'avouer que la dernière fois que mes yeux ont pétillé, c'est quand j'ai vu qu'il ne sortait plus avec cette fille. Mais j'ai toujours cette raison, qui me cloue aux chaises jaunes du foyer jaune. Je hais le jaune.
Vous n'imaginez même pas combien de fois j'ai rêvé que je redoublais. Je dois être malade. Très malade même. Mon adolescence se résume à son visage.
Je n'oublie pas.
Je ne me suis jamais imaginée à sa place, jusqu'à hier. Être l'être désiré. On essaie de chasser de son esprit la souffrance de l'autre.
Pardonne-moi, je t'en supplie.

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